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Éducation

Ce dont les filles ont besoin pour se sentir à leur place en cours de technologie

Les filles sont tout aussi capables en technologie — mais beaucoup ne s'y sentent pas à leur place. Voici 10 moyens concrets, fondés sur la recherche, pour que les cours de technologie accueillent vraiment les filles.

Par la rédaction d’AfrikyfEnviron 11 minutes

Imaginez le premier jour d'un nouveau club de programmation. Vingt-cinq élèves arrivent. Vingt sont des garçons. Ils se précipitent vers les ordinateurs, rient bruyamment, et l'un d'eux commence à exhiber un jeu qu'il a « piraté ». Cinq filles restent près de la porte. Deux partent avant que l'enseignant ait terminé sa présentation. À la troisième semaine, il ne reste qu'une fille.

Personne n'a dit à ces filles qu'elles ne pouvaient pas coder. Personne n'a été désagréable volontairement. Et pourtant, le message était clair : « Cet espace n'est pas vraiment pour toi. »

Cette scène se répète dans les écoles du monde entier. Les recherches montrent que les filles sont tout aussi capables en maths et en informatique. La différence ne tient souvent pas à la capacité — mais au sentiment d'appartenance.

De quoi les filles ont-elles réellement besoin pour se sentir à leur place en cours de technologie — et que peuvent faire les enseignants, les parents et les écoles dès cette semaine ?

Les chiffres derrière l'écart

Partout dans le monde, les femmes restent minoritaires dans la technologie :

  • L'UNESCO indique que les femmes ne représentent qu'environ un tiers des chercheurs dans le monde, et bien moins en ingénierie et en informatique.
  • Les rapports Global Gender Gap du Forum économique mondial ont constaté à plusieurs reprises que les femmes sont sous-représentées dans les métiers de la technologie comme l'informatique en nuage, l'ingénierie, les données et l'IA.
  • L'UIT (Union internationale des télécommunications) indique qu'à l'échelle mondiale, moins de femmes que d'hommes utilisent internet — et que l'écart est particulièrement important dans les pays les moins avancés.

En Afrique, cet écart commence tôt. Les filles ont souvent moins accès aux téléphones et aux ordinateurs à la maison, davantage de tâches ménagères et moins de modèles féminins dans la technologie.

Utilisation d'internet selon le sexe (part de la population)

Données : Monde — Femmes ~65 %, Hommes ~70 % · Afrique — Femmes en dessous des hommes, avec un écart plus important · Pays les moins avancés — Femmes ~30 %, Hommes ~40 % (valeurs approximatives)

Ce n'est pas une question de capacité

Soyons clairs : les filles ne sont pas « naturellement moins douées » en maths, en sciences ou en programmation. Des évaluations internationales comme PISA montrent que les écarts entre les sexes en maths sont faibles, varient selon les pays et sont parfois en faveur des filles. Quand un écart change d'un pays à l'autre, il est façonné par la culture et l'expérience, pas par la biologie.

Ce qui diffère, en revanche, c'est la confiance. Les études constatent souvent que les filles évaluent leurs propres capacités plus sévèrement que des garçons ayant les mêmes résultats. Une fille qui obtient 80 % peut penser qu'elle n'est « pas bonne en maths », tandis qu'un garçon à 70 % se croit excellent. Cet écart de confiance influe sur qui s'inscrit aux clubs de technologie, qui pose des questions et qui persévère.

« On ne peut pas devenir ce qu'on ne voit pas. » — formule popularisée par la militante des droits de l'enfant Marian Wright Edelman et par le Geena Davis Institute

Pause humour : une enseignante a demandé à sa classe qui avait déjà réparé un téléphone. Trois garçons ont levé la main fièrement. Puis une fille a dit doucement : « J'ai réparé leurs trois téléphones la semaine dernière. » Les garçons se sont soudain beaucoup intéressés au plafond.

10 choses qui aident les filles à se sentir à leur place

Ces idées proviennent de la recherche et d'éducateurs qui animent des programmes destinés aux filles dans la technologie.

Beaucoup de filles ne rejoignent pas un club de technologie parce qu'elles supposent qu'il est « pour les garçons ». Une invitation personnelle d'un enseignant — « Je pense que tu serais excellente dans ce domaine » — peut changer cela. Les recherches sur les femmes en informatique suggèrent que les encouragements des enseignants et de la famille comptent parmi les facteurs les plus déterminants dans le choix de l'informatique par les femmes.

  • Inviter les filles personnellement

Une fille dans un groupe de 15 garçons se sent seule. Essayez de faire en sorte que les filles représentent au moins un tiers du groupe, et placez-les ensemble dans les équipes (au moins deux par équipe) pour qu'aucune ne soit isolée.

  • Viser une masse critique

Dans les groupes mixtes, les garçons s'emparent souvent de la souris ou du robot. Utilisez des rôles tournants (codeur, testeur, concepteur, présentateur) avec des minuteurs. Tout le monde touche la technologie. Voyez comment cela fonctionne dans Comment lancer un club de robotique scolaire avec un seul kit.

  • Faire tourner les rôles — y compris le clavier

Affiches, vidéos, intervenantes, exemples dans les leçons. Citez des femmes comme Ada Lovelace (souvent considérée comme la première programmeuse informatique), Grace Hopper et des dirigeantes africaines de la tech. Invitez une ingénieure, une développeuse ou une designer locale à venir parler. Voir Ces femmes qui ouvrent de nouvelles voies vers les sciences.

  • Montrer des femmes dans la technologie — souvent

Les recherches suggèrent que beaucoup d'élèves — dont beaucoup de filles — sont motivés par une technologie qui aide les gens. Au lieu de « crée un jeu de tir », essayez « crée une application qui rappelle aux gens de prendre leurs médicaments » ou « programme un robot qui aide à trier les déchets ». Lisez Du robot de classe à une solution locale.

  • Commencer par le sens

Instaurez une culture où les questions sont bienvenues et les erreurs normales. Interdisez les moqueries. Valorisez l'effort et la stratégie, pas le fait d'« être un génie ». Les recherches de Carol Dweck, psychologue à Stanford, sur l'état d'esprit de développement suggèrent que valoriser l'effort aide les élèves à persévérer.

  • Rendre acceptable le fait de ne pas savoir

Les enseignants interrogent parfois plus souvent les garçons, surtout dans les matières techniques — sans le vouloir. Utilisez une astuce simple : écrivez les noms sur des bâtonnets ou des cartes et tirez au sort, ou alternez entre filles et garçons.

  • Faire attention aux échanges en classe

Les clubs de programmation réservés aux filles peuvent être un point de départ rassurant, où elles prennent confiance avant de rejoindre des groupes mixtes. Des programmes comme Girls Who Code, Black Girls Code et de nombreuses initiatives africaines utilisent cette approche.

  • Proposer des séances réservées aux filles (parfois)

Certains parents craignent que les clubs de technologie impliquent des horaires tardifs, des trajets dangereux ou des activités « inutiles ». Invitez-les à une journée de démonstration. Montrez ce que leurs filles ont construit. Expliquez les débouchés et les bourses.

  • Impliquer les parents

Organisez les clubs à des heures où les filles peuvent venir (pas trop tard). Pensez au transport et à la sécurité. Autorisez les filles à venir avec leurs petits frères et sœurs si nécessaire. Mettez des protections hygiéniques à disposition dans les toilettes de l'école — cela semble sans rapport, mais cela influe sur l'assiduité.

  • Anticiper les obstacles pratiques

Les mots comptent plus qu'on ne le croit

De petits mots envoient de grands signaux. Comparez :

  • « Les gars, ouvrez vos ordinateurs. » ou « Tout le monde, ouvrez vos ordinateurs. »
  • « C'est facile. » (Si un élève a du mal, il se sent bête.) ou « Ça demande de l'entraînement. »
  • « Qui est le plus intelligent ? » ou « Qui a essayé une nouvelle stratégie ? »

Vérifiez aussi vos exemples. Si chaque énoncé de problème met en scène « Paul l'ingénieur » et « Marie l'infirmière », inversez-les de temps en temps.

Les phrases à abandonner, les phrases à utiliser

De vrais programmes qui font la différence

À travers l'Afrique, de nombreuses initiatives soutiennent les filles dans la technologie :

  • L'African Girls Can Code Initiative (AGCCI), lancée par la Commission de l'Union africaine, ONU Femmes et l'UIT, organise des camps de programmation pour les filles sur tout le continent.
  • La Journée internationale des jeunes filles dans le secteur des TIC, organisée chaque mois d'avril et promue par l'UIT, encourage les filles à envisager une carrière dans la technologie.
  • Des groupes locaux dans de nombreux pays, dont le Bénin, proposent des programmes de programmation et de robotique pour les filles. FemCoders, par exemple, accompagne les filles dans la technologie et la robotique.
  • Des compétitions comme le FIRST Global Challenge encouragent les équipes mixtes. Lisez Team Benin au FIRST Global Challenge 2026.

Une liste de contrôle pour les enseignants

Avant votre prochain cours de technologie, demandez-vous :

  • Ai-je invité personnellement des filles ?
  • Les filles représentent-elles au moins un tiers du groupe ?
  • Chaque élève touche-t-il la technologie ?
  • Ai-je présenté au moins une femme de la tech ce mois-ci ?
  • Le projet a-t-il un vrai but ?
  • Les erreurs sont-elles traitées comme normales ?
  • Est-ce que j'interroge les filles aussi souvent que les garçons ?
  • Les horaires et les lieux des séances sont-ils sûrs pour les filles ?

Ce que les parents peuvent faire à la maison

  • Partager équitablement le téléphone ou l'ordinateur familial.
  • Répartir équitablement les tâches ménagères, pour que les filles aient du temps pour les clubs et les devoirs.
  • Le dire à voix haute : « Tu pourrais devenir ingénieure. » « Tu serais une excellente programmeuse. »
  • Célébrer ce qu'elle construit, même les petites choses.
  • La mettre en relation avec des femmes de la tech — parentes, voisines, communautés en ligne.

Pour en savoir plus sur la manière de renforcer la confiance des jeunes, lisez Pourquoi des mentors locaux peuvent changer l'avenir d'un jeune.

Pourquoi c'est important pour tout le monde

La technologie façonne la santé, l'agriculture, l'argent, l'éducation et l'action publique. Si seule la moitié de la population la conçoit, elle passera à côté de la moitié des besoins.

Un exemple célèbre : les premiers systèmes de reconnaissance vocale fonctionnaient souvent moins bien avec les voix de femmes, en partie parce qu'ils avaient été entraînés principalement sur des voix d'hommes. Quand les équipes technologiques sont diverses, elles repèrent les problèmes plus tôt. Nous abordons aussi ce point dans Comment l'IA transforme l'Afrique, où les biais dans les données constituent un risque majeur.

Accueillir les filles dans la technologie n'est pas une faveur. C'est ainsi que l'Afrique obtiendra la meilleure technologie.

Ce que les filles disent vouloir

Quand on demande aux filles inscrites dans des programmes de technologie ce qui les a aidées à rester, leurs réponses sont souvent simples :

  • « Un enseignant qui croyait en moi. »
  • « Des amies dans le club, pour ne pas être seule. »
  • « Des projets qui avaient du sens — comme une application pour ma communauté. »
  • « Voir une ingénieure qui me ressemblait. »
  • « Que personne ne rie quand je faisais des erreurs. »

Rien de tout cela ne coûte beaucoup d'argent. Tout cela demande de l'attention. C'est la bonne nouvelle : rendre les cours de technologie accueillants est surtout une affaire d'habitudes, pas de budget.

Le sentiment d'appartenance se construit, une leçon à la fois

Les cinq filles restées près de la porte de ce club de programmation n'avaient pas besoin d'un sermon sur l'égalité. Elles avaient besoin d'un enseignant qui les regarde dans les yeux et leur dise : « Entrez. Asseyez-vous ici. Vous allez être douées pour ça. »

C'est là que tout commence.

Poursuivez votre lecture : Ce qu'une première leçon de programmation peut apprendre à un enfant, Pourquoi les enfants africains devraient apprendre à construire des robots, à utiliser la technologie et à coder, et notre rubrique Éducation.

Questions fréquentes

Pourquoi y a-t-il moins de filles dans les cours de technologie ?

Principalement à cause des stéréotypes, du manque de modèles, d'un accès moindre aux appareils à la maison, d'une confiance plus faible et d'obstacles pratiques — et non d'une question de capacité.

Comment les enseignants peuvent-ils encourager les filles à coder ?

En les invitant personnellement, en formant des groupes avec plusieurs filles, en faisant tourner les rôles, en montrant des modèles féminins, en reliant les projets à un vrai but et en créant un espace où l'on peut se tromper sans risque.

Les clubs de programmation réservés aux filles sont-ils une bonne idée ?

Ils peuvent être un point de départ utile pour prendre confiance, idéalement en complément d'activités mixtes.