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Art & Culture

Comment les illustrateurs rendent l'histoire accessible aux jeunes lecteurs

Bandes dessinées, albums illustrés et animation rendent l'histoire africaine passionnante pour les enfants. Comment les illustrateurs se documentent, dessinent et racontent le passé — avec des exemples réels et des conseils.

Par la rédaction d’AfrikyfEnviron 12 minutes

Demandez à un enfant de 12 ans ce qu'il pense du cours d'histoire, et vous entendrez peut-être : « Des dates. » « Ennuyeux. » « Trop de noms. » « Pourquoi je dois savoir ce qui s'est passé en 1892 ? »

Montrez maintenant au même enfant une bande dessinée dans laquelle une jeune guerrière de la célèbre armée de femmes du Dahomey se bat pour protéger son royaume, ou un album illustré dans lequel la reine Nzinga déjoue les diplomates portugais, ou un film d'animation qui se déroule dans l'ancien Mali. Soudain, l'histoire devient un récit — avec des visages, des émotions, des couleurs et de l'action.

C'est tout le pouvoir de l'illustration.

Comment les illustrateurs rendent-ils l'histoire africaine accessible aux jeunes lecteurs — et pourquoi importe-t-il de savoir qui dessine le passé ?

Pourquoi les images aident les enfants à apprendre l'histoire

Les recherches en éducation et en psychologie suggèrent qu'associer des mots et des images aide à mieux comprendre et retenir l'information que les mots seuls. Le psychologue de l'éducation Richard Mayer parle de « principe multimédia » : on apprend plus en profondeur à partir de mots et d'images qu'à partir de mots seuls.

Pour les enfants, les illustrations :

  • Rendent concrètes des idées abstraites (à quoi ressemblait un palais royal ?).
  • Créent des liens affectifs avec les personnages.
  • Aident les lecteurs qui peinent devant de longs textes.
  • Rendent la lecture plus amusante.

Pourquoi il importe de savoir qui dessine le passé

Pendant longtemps, beaucoup d'images de l'histoire africaine ont été dessinées par des étrangers — souvent avec un regard colonial. Les Africains étaient représentés comme « primitifs », passifs ou exotiques. Les rois et les reines, les savants, les commerçants et les inventeurs étaient rarement dessinés avec dignité.

Quand des illustrateurs africains dessinent l'histoire africaine, ils peuvent :

  • Représenter fidèlement les vêtements, les coiffures, l'architecture et les outils.
  • Présenter les figures historiques dans toute leur complexité et avec dignité.
  • Inclure des points de vue longtemps ignorés — ceux des femmes, des enfants, des gens ordinaires.
  • Rendre les enfants fiers de leur héritage.
« Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, l'histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur. » — proverbe africain, popularisé par Chinua Achebe

Les illustrateurs comptent désormais parmi ces « historiens » — des historiens de l'image.

De vrais exemples de récits illustrés africains

  • « Aya de Yopougon » : une série de bandes dessinées écrite par l'autrice ivoirienne Marguerite Abouet et dessinée par Clément Oubrerie. Située dans l'Abidjan des années 1970, elle montre la vie quotidienne, la famille, l'humour et l'amitié. Elle a remporté le prix du premier album au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 2006 et a été adaptée en film d'animation.
  • Kugali : une entreprise d'origine nigériane qui crée des bandes dessinées et des animations inspirées des cultures africaines, et qui s'est associée à Disney pour la série d'animation « Iwájú » (2024). Voir Comment les équipes créatives travaillent par-delà les frontières africaines.
  • « Kirikou et la Sorcière » (1998) : un film d'animation du réalisateur français Michel Ocelot, inspiré de contes d'Afrique de l'Ouest, avec une musique de Youssou N'Dour. Il est devenu extrêmement populaire auprès des enfants de toute l'Afrique francophone.
  • African Storybook et des projets similaires : des albums illustrés dans de nombreuses langues africaines.

Beaucoup d'illustrateurs africains publient aussi des bandes dessinées et des albums historiques consacrés à des figures comme Soundiata Keïta, Mansa Moussa, la reine Nzinga, Yaa Asantewaa, Chaka, Béhanzin et les Agojié (les femmes soldats du Dahomey).

Pause humour : un auteur de bande dessinée a dessiné Mansa Moussa — réputé être l'une des personnes les plus riches de l'histoire — distribuant de l'or lors de son pèlerinage. Un jeune lecteur a demandé : « Tu peux le dessiner en train de venir chez moi ? » L'artiste a répondu : « Seulement si tu promets de partager. »

Comment les illustrateurs se documentent sur l'histoire

Dessiner l'histoire avec exactitude demande un sérieux travail de recherche :

  • Lire des livres et des sources universitaires.
  • Étudier des objets de musée et des photographies (pour les vêtements, les armes, les bijoux, l'architecture).
  • Parler avec des historiens, des aînés et des spécialistes de la culture.
  • Visiter des sites historiques (comme les Palais royaux d'Abomey).
  • Observer les formes d'art traditionnelles (bas-reliefs, appliqué, sculptures) qui montrent comment les gens se voyaient eux-mêmes.
  • Vérifier les détails : les coiffures, les tissus et les outils ont changé selon les époques et les régions.

Parfois, les sources sont limitées. Les illustrateurs doivent faire des choix réfléchis et indiquer honnêtement, dans des notes, ce qui est connu et ce qui est imaginé.

Comment un illustrateur pourrait répartir son temps sur un album d'histoire (illustration)

Données : Recherche 30 % · Croquis et planification 25 % · Illustrations finales 35 % · Révisions avec des experts 10 %

Note : Estimation illustrative ; varie selon les projets.

L'histoire du Bénin en images

Le Bénin possède une histoire visuelle extraordinaire dont les illustrateurs peuvent s'inspirer :

  • Les bas-reliefs des Palais royaux d'Abomey, qui étaient une manière de consigner l'histoire en images.
  • Les tentures en appliqué d'Abomey, avec des symboles propres à chaque roi (par exemple le requin associé au roi Béhanzin).
  • Les Agojié, les femmes soldats du Dahomey, qui ont inspiré le film hollywoodien « The Woman King » en 2022 (et des débats sur son exactitude historique).
  • L'histoire de la résistance de Béhanzin à la colonisation française.
  • L'histoire de Ouidah et de la traite des esclaves.

Ces histoires peuvent être racontées en bandes dessinées, en albums illustrés, en animations, en affiches et en jeux. Voir Ce qu'un musée peut enseigner au-delà de ses murs.

Les histoires difficiles pour les jeunes lecteurs

Certaines pages de l'histoire sont douloureuses : l'esclavage, la colonisation, la guerre. Comment les illustrateurs devraient-ils les montrer aux enfants ?

  • Se concentrer sur les histoires humaines : résistance, survie, courage, famille.
  • Éviter la violence graphique pour les jeunes lecteurs ; suggérer plutôt que montrer.
  • Donner du contexte pour que les enfants comprennent les causes et les conséquences.
  • Inclure de l'espoir et la capacité d'agir : les gens ont résisté, préservé leur culture et reconstruit.
  • Travailler avec des éducateurs pour adapter le contenu à l'âge.
Adapter les récits historiques aux tranches d'âge (guide général)

Note : Recommandations générales ; à adapter aux lecteurs.

L'illustration, un métier

L'illustration est un véritable métier dans l'économie créative africaine en plein essor :

  • Livres pour enfants et supports éducatifs.
  • Bandes dessinées et romans graphiques.
  • Animation et jeux.
  • Publicité et image de marque.
  • Illustration éditoriale pour des magazines et des sites web.
  • Projets muséaux et patrimoniaux.

Les outils numériques facilitent le travail pour des clients du monde entier. Mais les illustrateurs doivent aussi acquérir des compétences commerciales : fixer leurs prix, négocier des contrats, gérer leurs droits d'auteur. Lisez Comment fixer le prix d'un travail créatif sans deviner.

Comment les écoles et les parents peuvent utiliser l'histoire illustrée

  • Constituer des bibliothèques de classe avec des albums illustrés et des bandes dessinées africains.
  • Demander aux élèves de créer leur propre bande dessinée sur un événement historique.
  • Comparer des illustrations : comment différents artistes représentent-ils le même événement ?
  • Visiter des musées, puis dessiner ce qu'on y a vu.
  • Inviter des illustrateurs à animer des ateliers.

Voir Apprendre au-delà des examens : les projets dont les enfants se souviennent.

Un projet de classe illustratif

Dans un collège fictif d'Abomey (exemple d'illustration), un professeur d'histoire a demandé à ses élèves de créer une bande dessinée de six pages sur le roi Béhanzin. Les groupes ont visité les Palais royaux, interviewé un guide, se sont documentés sur les vêtements et les armes, puis ont dessiné leurs histoires.

Un groupe s'est concentré sur une bataille. Un autre a raconté l'histoire du point de vue d'une jeune soldate agojié. Un autre a représenté un jour de marché dans la cité royale. À la fin du trimestre, les bandes dessinées ont été exposées à l'école et partagées avec les parents.

Les élèves ont appris des dates et des faits — mais ils ont aussi posé des questions plus profondes : pourquoi les Français ont-ils attaqué ? Comment les gens ont-ils résisté ? Que sont devenus les trésors du palais ? L'illustration a transformé l'histoire en enquête.

Conseils aux jeunes illustrateurs qui veulent dessiner l'histoire

Si vous aimez le dessin et l'histoire, voici comment commencer :

  • Choisissez une histoire qui vous passionne — un roi, une reine, un inventeur, un marché, un festival.
  • Documentez-vous avant de dessiner : lisez, visitez, interrogez les aînés, observez des objets de musée.
  • Créez un « tableau de références » avec des photos de vêtements, de coiffures, d'outils et de bâtiments de l'époque et du lieu concernés.
  • Esquissez de nombreuses petites vignettes avant votre dessin final.
  • Pensez à l'émotion : que doit ressentir le lecteur sur cette page ?
  • Montrez votre travail à quelqu'un qui connaît l'histoire et demandez-lui des corrections.
  • Citez vos sources à la fin de votre livre ou de votre bande dessinée.
  • Partagez votre travail en ligne et lors d'expositions locales.

N'oubliez pas : exactitude et imagination peuvent aller de pair. Là où l'histoire est incertaine, soyez honnête dans une courte note.

L'illustration et les médias numériques

L'histoire illustrée ne se limite pas à l'imprimé. Les jeunes lecteurs trouvent des histoires sur leurs téléphones, tablettes et écrans :

  • Des webtoons publiés épisode par épisode sur les réseaux sociaux.
  • Des courts métrages d'animation sur YouTube et TikTok.
  • Des jeux éducatifs avec des personnages illustrés.
  • Des expériences de musée virtuel où les illustrations guident les visiteurs à travers l'histoire.

Ces formats touchent des lecteurs qui n'ouvriraient peut-être jamais un manuel. Ils permettent aussi aux illustrateurs de tester rapidement des idées et de se constituer un public avant de publier un livre complet. Voir Comment concevoir une technologie utile en contexte de faible connectivité pour vous assurer que les récits numériques se chargent sur des téléphones basiques.

Pause humour : un illustrateur a publié une bande dessinée sur le célèbre voyage de Mansa Moussa à La Mecque. Un lecteur a commenté : « S'il te plaît, dessine la partie 2 : Mansa Moussa paie mes frais de scolarité. » L'illustrateur a répondu : « La partie 2 est en cours de recherche. Des recherches très coûteuses. »

Dessiner l'avenir du passé

L'histoire ne concerne pas seulement ce qui s'est passé. Elle concerne aussi qui raconte l'histoire, et comment. Les illustrateurs africains transforment la façon dont les jeunes voient leur passé — avec exactitude, fierté, créativité et humour.

Quand un enfant ouvre un livre et y découvre un héros qui lui ressemble, issu d'un royaume qu'il peut visiter, dessiné par un artiste de son propre pays, quelque chose de puissant se produit. L'histoire devient la sienne.

Poursuivez votre lecture : Quelles histoires les enfants africains devraient-ils entendre en grandissant ?, L'importance de conserver les récits africains dans les langues locales, et notre rubrique Art & Culture.

Questions fréquentes

Pourquoi les illustrations sont-elles utiles pour enseigner l'histoire aux enfants ?

Les images rendent les idées concrètes, créent des liens affectifs et aident les enfants à comprendre et à retenir l'information mieux que le texte seul.

Quelles sont de bonnes bandes dessinées africaines pour les jeunes lecteurs ?

Parmi les exemples figurent « Aya de Yopougon » de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie, ainsi que les bandes dessinées et animations de Kugali. Vérifiez qu'elles conviennent à l'âge du lecteur.

Comment les illustrateurs rendent-ils leurs dessins historiques exacts ?

Ils se documentent dans les livres, étudient des objets de musée, visitent des sites historiques, observent l'art traditionnel et échangent avec des historiens et des aînés.